Carnet d'humeurs

Un carnet d'humeur au fil des jours : réflexions, poèmes, photos, envies, comment vivre un cancer du sein, combat quotidien, rester femme et mère malgré tout, coups de gueule et pieds de nez

25 avril 2008

Look the moon ....

Année scolaire 1970 - 1971. Elle allait être ma dernière année de scolarité à Marseille mais je ne le savais pas encore. En septembre 1970, je rentrai en 4° au collège du Sacré Coeur à Marseille. Pour la troisième année consécutive, j'allais être pensionnaire, pour cause de divorce parental et d'ambition professionnelle démesurée de la part de maman. Mais cette année, la pension ne se ferait pas dans l'établissement scolaire. Non, depuis deux années, il n'y avait plus de pensionnat.

Donc après une tentative avortée au bout de deux mois l'année précédente (deux mois enfermée dans un dortoir sombre, sale et sans aucune aération m'ont fait prendre la fuite un soir de novembre... heureusement que j'avais des grands parents accueillants et compréhensifs qui m'ont logée toute l'année scolaire), me voilà pour l'année 1970 - 1971 en pension chez des gens habitant royalement à 500 m du domicile maternel. Moi en haut du Bd Télène. Elle en bas du même boulevard.... Bon bref, passons !!!

Mon année de 4ème fut marquée par ma professeur d'anglais qui cumulait pour mon plus grand "bonheur" (oups y a un autre mot mais il ne me vient pas) aussi le poste de professeur principal de ma classe. J'ai nommé Madame Francheschi.

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Si je suis aussi nulle dans la langue de Shakespeare, je le lui dois en totalité.

Madame le prof principal était une petite femme, boulotte, rousse avec de gros molets. Hystèrique au plus haut point. En permanence en train de sauter, de monter dans les aigus, de gesticuler.

A l'époque les bureaux des profs étaient sur de grandes estrades en bois, qui occupaient la longueur du mur, afin de mieux voir l'ensemble de la classe.

C'est sur cette scène improvisée que Mme Francheschi évoluait à longueur de cours. En tapant du talon. Elle était une obsédée de la phonétique,de la diction et du mime (Marceau à ses côtés aurait eu l'air d'un apprenti). En ce temps là, les jeunes filles du Couvent des Oiseaux du Sacré Coeur, uniforme obligatoire, jupes bleu marine avec des plis de 2 cm, veste bleu marine, chemisier blanc, se devaient d'être des parfaites futures femmes de .... de quoi ? je n'en sais rien, mais il le fallait :  cours de chant (Melle Bertrand), cours de couture ( je ne me souviens plus de son nom), cours de diction en français (Melle Camps ou Mme Michaud) et aussi cours de diction en anglais (donc elle).

Quand elle nous expliquait le verbe "to swin", là voilà en train d'agiter les bras dans une brasse frénétique.
"To jump", elle sautait comme un cabri.
Et ainsi de suite.

Imaginez la diction en cours d'anglais. Je me souviens d'une de ses phrases fétiches pour délier nos langues malhabiles :
"Look the moon over the blue pool"... repètée plus de 20 fois de suite à vitesse de plus en plus élevée, c'est dans la piscine que vous aviez envie de l'envoyer voir la lune à cette brave dame.

Autre lubie et pas des moindres de cette chère professeur d'anglais... le vocabulaire. Normal, me direz vous. Oui, mais non pas comme ça.

Nous avions un grand cahier dans lequel nous devions écrire le nom anglais, la phonétique du dit nom anglais, la traduction de ce dernier et... l'illustration en image du mot. Et tout cela par thèmes : la maison, le bureau, l'école, etc etc....

Combien de magazines j'ai pu ainsi défigurer, découper, déchirer pour en coller des petits bouts à côté de mes mots de vocabulaire.
Dès le début de l'année scolaire elle m'avait pris en grippe (
vous pensez bien une enfant de divorcés dans un milieu ultra catho, ça fait tâche et en plus à l'époque, si je me souviens bien, j'étais là seule dans ce cas). Et à chaque fois que je devais lui rendre mon cahier pour un contrôle inopiné ou prévu, avec son stylo bille rouge, elle tirait un trait du haut en bas de la page en marquant "sale" ou "nul" ou bien encore "non compris".... quitte à en déchirer mon cahier sur plusieurs pages... chose véridique. Elle n'a jamais fait l'effort de s'arrêter une fois sur mon travail. J'ai vite compris que ça ne servait à rien. J'ai tout arrêter.

J'ai fini mon année de 4ème avec quelque chose comme 5 de moyenne générale. Je suis ensuite partie à Carpentras, dans un autre établissement, en pension. J'ai poursuivi mon année de 3ème qui était plus qu'incertaine. J'ai passé mon BEPC avec 17 de moyenne générale pour l'ensemble des matières présentées.

Comme quoi, une personne peut en une fraction de seconde changer le cours des choses et de votre vie...

Posté par Béatrice à 05:28 - Humeur du Jour - C'est ici qu'on papote[15] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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